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Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers


Article : Sculpture en marbre




Sculpture en marbre

Sculpture en marbre ; c'est l'art de tirer et de faire sortir d'un bloc de marbre une statue, un groupe de figures, un portrait, en coupant, taillant et ôtant le marbre.

Lorsqu'un sculpteur statuaire veut exécuter une statue, un groupe de figures, ou autre sujet en marbre, il commence par modeler, soit en terre, soit en cire, une ou plusieurs esquisses (voyez MODÈLE et ESQUISSES) de son sujet, pour tâcher de déterminer, dès ces faibles commencements ses attitudes, et s'assurer de sa composition. Lorsqu'il est satisfait, et qu'il veut s'arrêter à l'une de ses esquisses, il en examine toutes les proportions. Mais comme dans ces premiers projets il se trouve beaucoup plus d'esprit et de feu que de correction ; il est indispensablement obligé de faire un modèle plus grand et plus fini, dont il fait les études (Voyez ETUDES) d'après le naturel. Ce deuxième modèle achevé, il le fait monter et tirer en plâtre, pour le conduire à faire un troisième modèle, qu'il fait à l'aide de l'échelle de proportion ou pied réduit, de la même grandeur et proportion qu'il veut exécuter son sujet en marbre. C'est alors qu'il redouble ses attentions, qu'il examine et qu'il recherche avec soin toute la correction, la finesse, la pureté et l'élégance des contours. Il fait encore mouler en plâtre ce troisième modèle afin de le conserver dans sa grandeur et dans sa proportion. Car s'il se contentait de son modèle en terre, il ne retrouverait plus ses mesures, parce que la terre en se séchant se concentre et se retire, ce qui le jetterait dans un extrême embarras. Pour déterminer la base du bloc de marbre, il fait faire un lit sous la plinthe du bloc, voyez LIT SOUS LA PLINTHE, et ce lit lui sert de base générale pour diriger toutes ses mesures et tirer toutes ses lignes. Alors il donne sur le bloc de marbre les premiers coups de crayon, puis il le fait épanneler, Voyez EPANNELER. Ensuite il fait élever à même hauteur le modèle et le bloc de marbre, chacun sur une selle semblable et proche l'une de l'autre à sa discrétion, voyez
  • SELLE. Quand le modèle et le bloc de marbre sont placés à propos, l'on pose horizontalement sur la tête de l'un et de l'autre des châssis de menuiserie, carrés et égaux, et qui reviennent juste en mesure avec ceux qui portent les bases ou les plinthes des figures, voyez les Planches et les fig. de la Sculpture. L'on a de grandes règles de bois qui portent avec elles plusieurs morceaux de bois armés d'une pointe de fer qui parcourent à volonté tout le long de la règle, et que l'on fixe néanmoins où l'on veut avec des vis : c'est l'effet du trusquin, voyez TRUSQUIN. Ces règles se posent perpendiculairement contre les châssis qui sont au-dessus et au-dessous du modèle pour y prendre des mesures et les rapporter sur le bloc de marbre, en les posant sur les châssis dans la même direction où elles ont été posées sur ceux du modèle. C'est avec ces règles qu'on pourrait mieux appeler compas, à cause de leur effet, que l'artiste marque et établit tous les points de direction de son ouvrage, ce qu'il ne pourrait pas faire avec les compas ordinaires, dont on ne saurait introduire les pointes dans les fonds et cavités dont il faut rapporter les mesures. Il est manifeste que cette opération se réitère sur les quatre faces du bloc de marbre et du modèle autant de fois que le besoin le requiert : car la figure étant isolée, demande à être travaillée avec le même soin dans toutes ses faces.

    L'artiste ayant trouvé et établi des points de direction, qu'il a posés à son gré sur les parties les plus saillantes de son ouvrage, comme sont les bras, les jambes, les draperies et autres attributs ; il retrace de nouveau les masses ou sommes de la figure du sujet, et fait jeter à bas les superfluités du marbre jusqu'au gros de la superficie, par des ouvriers ou élèves, se reposant sur eux de ce pénible travail, mais ayant toujours les yeux sur l'ouvrage, de crainte que ces faibles ouvriers n'atteignent les véritables nus et points du sujet. Il doit aussi leur faire faire attention à ne travailler que sur le fort du marbre, cela s'entend, en ce que les outils et les coups de masse soient toujours dirigés vers le centre du bloc. Autrement ils couraient risque d'étonner et d'éliter quelques parties du marbre qui n'est presque jamais également sain, étant souvent composé de parties poufes et de parties fières. Voyez
  • POUF et FIER.

    Les outils dont on se sert pour cette ébauche, sont la masse, les pointes, les doubles pointes, la marteline et la gradine, avec lesquels, en ôtant le superflu petit à petit, on voit sortir le sujet. Alors l'artiste suit de près l'approche de la figure, avec le ciseau et tous les autres outils qui lui sont nécessaires ; et il ne la quitte plus qu'il ne l'ait terminée au plus haut point de perfection qu'il est capable de lui donner.

    De quelque outil qu'il se serve, soit marteline, ciseau, trépan, etc. il doit toujours avoir grand soin de ménager la matière, car les fautes sont irréparables ; il ne doit donc ôter qu'avec beaucoup de discrétion pour arriver au but qu'il se propose, car il n'y a pas moyen d'y ajouter, et s'il se casse malheureusement une partie ou qu'il y ait quelque endroit altéré, il n'y a ni secret, ni mastic suffisant pour y remédier et la rétablir avec stabilité, sans qu'il y paraisse. Lorsque le sujet est totalement fini, et que le sculpteur se détermine à faire polir quelques draperies, ou autres ornements, il se sert de gens destinés à ce travail que l'on nomme des polisseurs ; voyez POLISSEUR DE MARBRE ; et il doit avoir attention à la conduite de ces sortes d'ouvriers, qui n'étant que des gens de métier et de peine, sont peu susceptibles des conséquences d'user et ôter les touches et les finesses que le sculpteur a ingénieusement semées dans tout son ouvrage. Ce poli est arbitraire et au choix de l'artiste, n'y ayant pour cela aucune règle établie qui puisse le diriger ou le contraindre. Le sculpteur en taillant son ouvrage prévient d'avance une partie des accidents qui pourraient arriver en le transportant. Il laisse des tenons de marbre aux parties saillantes, comme supports de bras, entre-deux de doigts, et autant qu'il est nécessaire, se réservant d'ôter ces tenons sur la place, lorsque la figure est posée sur son piédestal, où elle doit rester. C'est à cet instant que l'artiste intimidé ne voit son ouvrage qu'avec crainte, et que comme un nouveau spectacle qui lui fournit de nouvelles observations, et qui trop souvent lui reprochent des négligences auxquelles il ne peut refuser de nouveaux soins, puisqu'enfin c'est le fatal ou heureux moment où il abandonne à la postérité toute l'étendue de son savoir et de ses talents.

    Pour transporter l'ouvrage le sculpteur a recours au charpentier, qui l'ôte de dessus la selle, et le guinde sur un châssis de charpente appelé poulin, où il met des tasseaux de soutien avec chevilles, clous, et autres sûretés, afin que rien ne se casse, soit en roulant ou en traînant dans les voies publiques jusqu'au lieu de sa destination.

    On peut voir les outils en grand nombre dont se servent les sculpteurs, chacun à son article, où l'on a décrit son mécanisme et ses usages.









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